Pourquoi est-ce qu’une vidéo ça coûte cher ?

Bateau
Pour se payer un yacht bien sûr !

La phrase exacte, c’est que « la vidéo représente un vrai budget ». Et c’est vrai ! C’est souvent plus cher que la photo. Voyons pourquoi.

La vidéo, cela représente un budget. Exemple de choses lues ça et là sur Internet concernant la vidéo de mariage :

  • Les vidéastes sont des arnaqueurs, ils demandent plus de XXXX € alors que leurs caméras coûtent autant, en quelques mariages elles sont remboursées.
  • Mon neveu a une caméra, il peut me le faire gratuitement, je vais lui demander.
  • XXXX € pour une seule journée de tournage, c’est n’importe quoi.

Ces trois exemples montrent l’incompréhension des charges qui pèsent sur le vidéaste : le matériel, le tournage et le montage.

Le matériel : un gouffre à budget

Mon rig

Le matériel vidéo se renouvelle sans cesse : nous avons eu la HD, et nous sommes en train de la voir peu à peu remplacée par la 4K. Il faut que les caméras suivent. Par dessus ça, les premières caméras 4K filmaient en 25 images secondes. Elles proposent maintenant des cadences beaucoup plus élevées, ce qui permet de faire des ralentis. Il y a une course à l’armement en continu.

Les vidéastes ne changent pas de matériel (que) pour leur plaisir : c’est nécessaire, afin d’évoluer avec son temps. Vous ne voulez pas que votre mariage ou votre clip promotionnel soit filmé avec une caméra DV d’il y a 10 ans.

Qui dit meilleure caméra dit vidéos de meilleure qualité, et donc plus lourdes. Ma station de montage évolue en parallèle de mes caméras afin de pouvoir supporter les fichiers de plus en plus demandants en puissance de calcul.

En plus de la caméra, il y a l’achat continu de « consommables » : batteries qui ne tiennent plus sur la durée, cartes SD qui fatiguent.

Aussi, il arrive relativement fréquemment que du matériel casse. Le remplacer à l’improviste a un coût.

En bref : Dans la somme que vous payez au vidéaste, une bonne partie va dans son parc matériel.

Le tournage : la seule variable maîtrisable

Soirée ADDCONF

Pas trop de surprises sur ce point : à partir du moment où le client voit le vidéaste tourner, il réalise bien le temps passé sur cette partie de la prestation.

Il reste qu’une journée de travail, c’est 8 heures. Au delà, une sur-tarification s’applique pour les horaires supplémentaires, notamment en ce qui concerne les mariages qui durent jusque tard dans la nuit.

Aussi, le client ne voit pas ce qui entoure le moment du tournage : préparation du matériel, chargement des batteries, vidage des cartes mémoires, déplacement, etc. Un excellent article chez F1.4 dresse une liste exhaustive.

Le montage : la partie immergée de l’iceberg

Adobe Premiere

Je pense que c’est principalement ici que l’incompréhension se joue. Je prends l’exemple de mon dernier mariage, pendant lequel j’ai filmé 4 heures de rushes. Voici comment s’est passée la session de montage :

  • Vidage des cartes mémoires + sauvegarde : 1H
  • Dérushage (sélection des plans) : 8H
  • Montage du clip vidéo principal : 8H
  • Retouche colorimétrique du clip vidéo principal : 4H
  • Montage des 5 autres vidéos : 12H
  • Colorimétrie des 5 autres vidéos : 4H
  • Export puis mise à disposition sur le web : 1H
  • Assemblage du coffret : 1H

Total : 39H

Ainsi, il faut se rendre compte qu’en moyenne, un mariage, c’est au minimum une semaine de travail à temps plein. On voit au passage que le monteur apporte plus de soin à la vidéo principale.

Les impôts

En tant qu’autoentrepreneur, l’état me prélève environ 23% de la facture. Qu’il n’y ait pas de méprise : je ne me plains pas de ces cotisations, nécessaires pour construire des routes, des écoles et financer notre système de santé. Je refuse systématiquement toute tentative de négociation sous prétexte que « on pourra payer en liquide ». Mais il est bon de rappeler ce chiffre.

La musique

La musique est très importante pour une vidéo. Cela passe souvent par de la musique payante, la musique gratuite étant souvent de qualité insuffisante. Par exemple, utiliser une musique connue dans une vidéo de mariage nécessite de la déclarer à la SDRM sous le régime « web reportage« . C’est un coût qui peut vite grimper.

Conclusion

Feu d'artifice

Au final, une vidéo de mariage à X milliers d’euros, ce ne sont pas X milliers d’euros qui vont dans la poche du vidéaste.

Cet article n’est pas exhaustif : je n’ai listé que les principaux postes de dépense, afin de rester court. Je n’ai pas évoqué le coût des logiciels, le temps de préparation d’un mariage, la gestion courante etc., autant de frais qui doivent être répercutés dans chaque facture. Et je terminerai sur un élément non quantifiable important : l’expérience d’un vidéaste. C’est un peu comme la fable du mécanicien qui répare un moteur de bateau avec un seul coup de marteau et qui le facture 1000 € : il lui a fallu des années de recherche pour savoir s’il fallait taper, avec quoi taper, à quel endroit, avec quelle force et avec quelle inclinaison. Ce savoir-faire, cette qualité d’un travail efficace, ça a un coût.

 

 

Philosophie

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